PARIS (AFP) — La presse française salue ce samedi le retour en France d'Ingrid Betancourt, dont les éditorialites saluent la dignité et le courage, tout en regrettant la "fausse note" de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle Ségolène Royal qui a nié tout rôle à Nicolas Sarkozy dans cet heureux dénouement.
"Si on suit le raisonnement de la dirigeante socialiste, il faudrait interdire au chef de l'Etat de s'exprimer ou d'apparaître lorsque survient un évenement heureux de portée nationale", écrit ainsi le Figaro (droite).
Le journal Libération (gauche) fait état du "Tollé après une sortie de Royal".
Les Dernières Nouvelles d'Alsace estiment, quant à elles, que "Ségolène Royal aurait mieux fait de se taire en s'en prenant à Nicolas Sarkozy un rare jour de belle unanimité". Même regret au Journal de la Haute-Marne: "Dommage qu'il y ait eu une fausse note, à savoir les déclarations intempestives de Ségolène Royal" alors que Nicolas Sarkozy "est resté dans un registre modeste, reconnaissant que le succès de l'opération revenait essentiellement à l'armée colombienne".
"Ségolène Royal aurait-elle dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler? Sans doute", reconnaît également le Midi libre.
La Voix du Nord affirme que "Pour Ségolène Royal, le plus gênant n'est pas l'avalanche de critiques venue de la droite et de la gauche. C'est le fait d'avoir été démentie en mondiovision par la principale intéressée".
L'Alsace enfoncer le clou: "En déniant le moindre rôle au chef de l'État français dans la fin du calvaire d'Ingrid Betancourt, Ségolène Royal a non seulement préféré la froideur partisane à la chaleur du moment, elle a aussi fait passer la gratitude exprimée par l'ex-otage pour de la niaiserie". "Ségolène Royal, bien qu'elle s'en défende, a commis une faute par obsession partisane. La France qu'a dit tant aimer Ingrid Betancourt n'est pas forcément celle-là", commente sévèrement La République du Centre.
Au-delà de cette polémique, les éditorialistes s'accordent à louer le courage d'Ingrid Betancourt, "pas encore statue mais déjà icône de la liberté", selon La Montagne.
Ce qu'il faut retenir de cet événement, c'est "cette image de la France que nous renvoie, depuis deux jours, l'ex-otage", s'enthousiame L'Humanité (communiste).
"Si tout le monde ici n'a pas toujours mesuré ce qui se faisait pour elle, si tout le monde ne s'y est pas impliqué de la même manière, elle, l'a mesuré", ajoute le journal.
"L'important, c'est qu'Ingrid Betancourt soit libre. Peu importe comment. Même s'il n'est pas indifférent de connaître la vérité", juge La République des Pyrénées.
Nord-Eclair choisit pour sa part d'évoquer l'avenir de l'ex-otage, qui "n'oubliera pas les centaines d'otages qui n'ont ni famille ni soutiens d'aucune sorte pour recouvrer leur liberté". "Personne ne doit imaginer qu'en matière de solidarité, la combattante sera défaillante", conclut-il.